Comme chaque année, à cette époque, nous aurons l’occasion de nous retrouver pour le repas annuel de
Melen Cercle Concordia
Retrouvaille
Nous, les papy et mamy-boomers, sommes sidérés, voire scandalisés devant les actes de violence commis à Liège par des élèves du secondaire. Briser les vitrines d’un Quick, piller des magasins, brûler des poubelles, détruire des abribus, casser les vitres d’écoles, nous ne comprenons pas en quoi cela améliorera la qualité de l’enseignement. Nous condamnons, à juste titre, cette violence.
Leurs revendications paraissent aussi parfois incompréhensibles. Ils veulent des cours et une formation de qualité et ils sont dans la rue ! N’a-t-on même pas vu une pancarte « Macron démission » ? On sait que Liège est la plus francophile des villes belges. Néanmoins, cela surprend.
Il semble que ces mouvements étudiants soient infiltrés par des bandes de casseurs, de véritables spécialistes de l’émeute qui se glissent aussi dans les manifestations des adultes. Mais tous ces jeunes dans la rue qui manifestent pacifiquement, que veulent-ils nous dire ? N’y a-t-il pas derrière les slogans une profonde inquiétude ?
Je voudrais citer l’éditorialiste de La Libre, journal qu’on ne peut qualifier de révolutionnaire. « Dans le climat anxiogène actuel, les jeunes peinent à se projeter : la guerre est revenue en Europe, l’intelligence artificielle bouleverse leurs perspectives professionnelles, la dette publique s’alourdit, le dérèglement climatique inquiète et les réseaux sociaux leur renvoient en permanence les images les plus inquiétantes ».
Nous, les mamy et papy-boomers, avons connu la période la plus florissante de l’Europe. Notre niveau de vie s’est amélioré, la promotion sociale était aisée, la paix a favorisé le commerce et les affaires. Nous jouissons de pensions ou de revenus appréciables qui nous permettent de faire de beaux voyages.
Le danger pour nous est de céder à la violence que nous condamnons. J’entends autour de moi des personnes qui ont la solution pour mater ces révoltes. C’est souvent radical. Faut-il rappeler que nous ne sommes pas en Iran ? Et de citer le bourgmestre de Liège qui se félicite de ce que « la police liégeoise n’a blessé aucun enfant ».
Nous sommes nombreux à avoir des petits-enfants qui ont l’âge de ceux qui sont dans la rue. Peut-être y sont-ils eux-mêmes ? Il nous appartient, ainsi qu’à nos responsables politiques, d’écouter ce qu’ils ont à dire, de sortir des narrations pessimistes et d’ouvrir des perspectives. N’oublions pas que nous avions leur âge en mai 1968, que, ce que le Général de Gaulle qualifiait de « chienlit », était l’expression d’une jeunesse qui aspirait à un autre avenir.
F. M.